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Cobra fête ses 30 ans !

1976. Buichi Terasawa, jeune mangaka de 21 ans originaire d’Hokkaido, débarque à Tokyo afin de devenir l’élève du “grand” Osamu Tezuka. Après avoir fait ses armes durant toute cette année (et l’obtention du prix Tezuka pour l’une de ses histoire, Daichi yo aoku nare), il prend son envol dès l’année suivante et commence à élaborer ce qui allait devenir son œuvre culte : Cobra !

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Nous sommes alors en 1977, mais le public ne découvrira ce héros du futur que l’année suivante, dans le magazine de prépublication Weekly Shônen Jump des éditions Shueisha, à partir du numéro 45 (début novembre). On assiste alors aux débuts de l’homme au psychogun, avec ses premières aventures et grandes épopées : la saga de l’Arme Absolue, celle du Rug-ball, ou encore celle de Salamandar. Terasawa montre d’entrée de jeu une créativité énorme, diversifiée, ainsi que des influences étrangères évidentes.

Il s’inspire des “pulps”, magazines américains des années 40-50 du genre Weird Stories, pour un univers retro qu’il va mélanger judicieu-sement avec des aspects empruntés au far-west (les saloons notamment), la piraterie et quelques autres sources. Ses personnages sont de type américain ou européen, et les références sont clairement avouées par son auteur, notamment françaises. Outre l’influence directe de Star Wars, Cobra est en effet à l’image de notre Jean-Paul Belmondo national (de l’époque), ou Jane renvoie par exemple directement à l’héroïne Barbarella de Jean-Claude Forest, qui sera notamment incarnée par la belle Jane Fonda en 1968.
Lady / Armanoïde quand a elle trouve ses origines sans doute dans le Métropolis de Fritz Lang

Si le mélange est très hétéroclite et audacieux, il semble cependant bien marcher. L’œuvre de Terasawa commence à avoir du succès au point de se voir éditée en version reliée dès 1979. Notre héros fera la couverture à plusieurs reprises du Shonen Jump, dont 3 fois en 1982 qui sera vraiment “l’année Cobra”.


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La réputation de l’homme au psychogun est arrivée jusque dans les bureaux du célèbre studio d’animation Tokyo Movie Shinsha (TMS), qui décide de faire coup sur coup un long métrage, et une série télé ! Le film de Cobra sortira dans les salles obscures nippones le 3 juillet 1982. Film somptueux ayant bénéficié d’un budget très conséquent (rare pour l’époque), il ne plaira cependant pas à Terasawa, le jugeant trop éloigné de son propre univers. Le film, il est vrai, donne la part belle aux sentiments ou aux réflexions contemplatives, et Cobra, bien qu’étant le héros, apparaît au final un peu dépassé par les évènements… Il bénéficie tout de même d’un staff d’exception avec entre autre le duo Osamu Dezaki / Akio Sugino (Rémi, L’île au Trésor, Jeu Set et Match, Lady Oscar, Très Cher Frère, Black Jack, …) à la réalisation et la direction de l’animation, ou Shichiro Kobayashi (Rémi, L’île au Trésor, Max et Compagnie, Creamy, Touch, …) à la direction artistique.

 

La série télé, quant à elle, arrivera sur la chaîne Fuji TV le 7 octobre de la même année, et sera diffusée jusqu’au 19 mai 1983, pour 31 épisodes au final. On retrouve à nouveau dans le staff le duo magique Dezaki / Sugino, avec quelques autres membres d’exception, tels Toshiharu Mizutani (Lady Oscar, Le Château de Cagliostro, Cat’s Eye, Akira) et Tsutomu Ishigaki (Jeu Set et Match, Cagliostro également, Plastic Little, Magic Knight Rayearth) aux décors, ou Kentarô Haneda (L’île au Trésor, Sherlock Holmes, Macross, Très Cher Frère) aux musiques. Yuji Ohno (Capitaine Flam, Lupin), ami de Kentarô Haneda, composera pour l’occasion les génériques de la série.

Beaucoup plus proche du manga, la série ne rencontrera pourtant pas autant de succès que prévu, mais ira tout de même jusqu’à la fin de la saga Salamandar, le manga quand à lui étant arrivé pendant ce temps à l’une de ses dernières épopées, celle des Six Héros. Cobra est une œuvre plutôt mature et adulte, qui va cependant se bonifier avec l’âge et les rediffusions…

 

La prépublication de Cobra dans le Shônen Jump prendra fin en 1984 avec une dernière saga, celle des Croisés de l’Enfer. La première édition reliée du manga finira quant à elle durant l’été 1985, et ainsi se ferme une première page de l’histoire de Cobra, tout du moins sur l’archipel nippon. Car en ce qui nous concerne, 1985 est au contraire le début de Cobra dans nos contrées, avec l’arrivée le 20 février de la série télé sur Canal+ (dans l’émission Cabou Cadin, au jeu de mots que l’on vous laisse chercher…). Le succès est au rendez-vous, et la série sera alors très rapidement diffusée dans Récré A2, sur Antenne 2, à partir du 9 septembre de la même année. Que ceux qui ont encore leur album Panini de l’époque lèvent le doigt…

Retour au Japon… Depuis 1985, Terasawa s’est attelé à d’autres projets (dont Black Knight Bat, qui verra ses premiers essais de colorisation par ordinateur), et fondera sa propre maison de production en 1987 : Terasawa Productions. En 1988, tout le manga se voit réédité, avec au passage une nouvelle histoire ajoutée (La légende du Chevalier Sacré), et un premier artbook, Cobra Girls, sort également cette année là. Un retour en coup de vent pour l’homme au psychogun, car Terasawa va continuer en réalité ses autres projets pendant les années suivantes (Midnight Eye Goku, Takeru en couleurs, ou encore Karasutengu Kabuto qui se verra adapté en série télé et OAV)...

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© BUICHI TERASAWA and A-GIRL RIGHTS CO. LTD. - Taïfu Comics, 2007